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Les Promenades d'Erin

Franck Roger Quartet en concert

28 Février 2020, 09:18am

Publié par Erin

Franck Roger

Franck Roger

C'est l'histoire de quelques copains qui font de la musique ensemble. Aux dernières nouvelles, ils se sont retrouvés le 23 février dernier pour un petit concert en banlieue. Le leader de ce petit groupe, c'est Franck Roger, saxophoniste de son état. Mais il y avait aussi Vinh Le au piano, Zacharie Abraham à la contrebasse, et Antoine Delbos à la batterie. Et pour l'occasion, le vibraphoniste Pascal Bivalski avait répondu présent à l'invitation.

Tout ce petit monde là fait du jazz. Le Franck Roger Quartet interprète quelques compositions, mais aussi des reprises plus ou moins connues, le plus marquant de la soirée étant sans doute Sous le ciel de Paris. (Célèbre chanson française, composée par Hubert Giraud et popularisée notamment par Edith Piaf).

C'est un ensemble très compact, plein d'énergie avec d'excellents instrumentistes qui savent parfaitement ce qu'ils font. La musique est écrite, mais aussi improvisée, et chaque musicien à une place bien précise ainsi qu'une belle liberté pour s'exprimer. A l'opposée du Healing Orchestra, ces improvisations sont plus faciles à suivre pour les oreilles du public novice, parce que plus harmonieuses et installées dans un cadre plus concret. Il n'empêche qu'elles sont superbement exécutées, diablement efficaces et très créatives.

Ils sont heureux de jouer et ça se sent. Ils jouent juste et y en a pas un qui fait semblant. Ils transmettent de bonnes vibrations, quelque chose d'éminemment positif, qui dit qu'on est là pour partager un bon moment, s'ouvrir les oreilles et se faire du bien. C'est le contrat tacite qu'ils passent avec le public dès les premières notes de leur set, contrat qu'ils remplissent dûment.

Pour vous faire une idée, je vous joins des petites vidéos. Comme d'habitude, ne vous attendez pas à ce qu'elles datent du concert en question, j'étais occupée à écouter, je n'ai pas pris d'images :-)

Le Franck Roger Quartet en 2017 ("L'aube")

"Riposte"

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1 an déjà !

27 Février 2020, 08:13am

Publié par Erin

 1 an déjà !

Un an. Voilà un an que je partage mes centres d'intérêt culturels et mes voyages sur la toile. Un an et 50 articles, de Strasbourg à Fred Vargas en passant par Leïla Huissoud et Patrick Dewaere entre autres...

Autant de coups de coeur et de découvertes que je tenais à partager avec ceux qui souhaitent me suivre par écrans interposés. Merci chers lecteurs, d'être présents, de m'avoir lu et de continuer à me lire. Merci pour vos remarques, vos impressions et commentaires bienveillants qui enrichissent ce blog et font progresser mon écriture.

Merci de votre inscription à la newsletter et de votre soutien. L'exercice étant toujours aussi plaisant, je vous annonce que je vais continuer dans cette droite lignée, en espérant vous plaire encore davantage. Je réitère mes propos, mais n' hésitez jamais à commenter les articles, à les partager et à parler de ce blog autour de vous si vous pensez qu'il peut intéresser du monde. Internet est libre et cet espace d'échange vous appartient autant qu'à moi.

Merci à tous de votre fidélité.  A la revoyure sur la toile !

Erin.

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Une Pomme aux cordes sensibles

21 Février 2020, 09:18am

Publié par Erin

Une Pomme aux cordes sensibles

Oyé, oyé, amis musicophiles ! Promis juré, aujourd'hui je ne vous parlerai pas d'un énième talent ayant tenté puis raté The Voice. Mon coup de coeur du moment avait très envie de s'inscrire à des radio-crochets quand elle était adolescente, mais n'a pas franchi le cap, ce qui ne l'a pas empêché de faire de la musique.

Elle s'appelle Claire Pommet, a 23 ans et chante ses propres textes en grattant sa guitare. Elevée aux chants sacrés et à la chanson Française (de Polnareff à Aznavour) elle découvre par le père d'une amie, le vaste monde de la folk. Alors en plus d'écouter Lady Gaga et Rihanna, Claire se met à vibrer pour Joan Baez, Emmy Lou Harris ou Dolly Parton.

Elle fait ses débuts dans des bars vers 15 ans, où elle interprète ses premières chansons écrites en anglais. C'est pas gagné, mais elle s'accroche. Inspirée par Barbara qu'elle découvre étant petite, elle se met à écrire en français. Et... ça marche un peu mieux. A 18 ans elle sort un EP intitulé En cavale, puis un premier album A peu près en 2017. Claire Pommet devient Pomme (surnom qu'on lui donnait au collège,) et s'entoure de personnalités pour sortir son premier opus.

A peu près

C'est youtube et son algorythme qui m'ont fait découvrir ses premières chansons et pour être totalement honnête, je ne peux pas dire que ça a été un coup de foudre. Des morceaux comme En cavale ou Même robe qu'hier (écrite par Ben Mazué) m'ont laissé indifférente. Ce n'était pas mauvais, hein, c'était même bien fait, mais l'affaire manquait selon moi de personnalité et d'originalité. Et puis j'avais l'impression d'avoir un problème d'audition, je ne comprenais pas les textes. Je trouvais que la diction n'était pas toujours bonne et je n'étais pas fan de ses interprétations qui me semblaient inexpressives.

C'est alors que youtube est revenu me chercher en novembre 2019, quand Pomme a sorti son second album qu'elle a intitulé Les failles. Sans écouter de nouveaux titres, j'ai d'abord visionné le petit documentaire sur la création de ce nouveau projet, qui m'a capté et poussé à écouter les chansons que je n'avais pas fait l'effort d'entendre. Et là, j'ai changé d'avis. J'ai réécouté tout le premier disque et j'ai trouvé de jolies perles comme La lavande, Pauline (chouette clin d'oeil à la Jolene de Dolly Parton), Adieu mon homme, ou Ceux qui rêvent. Parce que Pomme parle avec délicatesse des questionnements et angoisses qui la traversent. De la mort aux insomnies en passant par ses histoires d'amour (On brûlera) elle se sert de sa musique pour exprimer les émotions qui ne sortent pas dans la vraie vie, sans se cacher ou se censurer.

Mais de ce premier album, elle s'en ai détachée, elle le trouvait trop lisse. Elle regrettait de ne pas avoir pu dire tout ce qu'elle avait à dire au moment opportun. Alors pour Les failles, elle a tout écrit, tout composé, avec sa guitare et son autoharpe. (Albin de la Simone a participé à la co-réalisation). C'est folk, c'est profond, poétique et personnel. Pomme a des failles qu'elle tente d'assumer (Je sais pas danser) et vit avec de l'anxiété. Sans être particulièrement militante, elle donne son soutien à la cause LGBTQ+ avec des titres comme Grandiose ou 2019 (parce qu'elle chante ce qu'elle vit sans mentir) tout en gardant une esthétique épurée sur des morceaux comme Les séquoias.

Les failles

Les mélodies sont simples, portées par une voix claire qui bascule tranquillement d'un registre à l'autre. Sur scène, elle a tourné ses premières chansons toute seule pendant des années. Pour son nouveau projet, elle s'est entourée de quelques musiciens et apprend à partager sa musique avec ce nouveau groupe. Mais si elle a l'habitude d'être seule en scène et qu'elle apprécie sa solitude, elle n'est pas réfractaire aux collaborations pour autant. Pomme compte en effet quelques duos remarquables notamment avec des artistes Québécois comme Safia Nolin (avec qui elle rend Lorie écoutable en reprenant son succès Je serai (ta meilleure amie)) ou Pierre Lapointe. Elle a également le mérite d'avoir rendue Cécile Corbel acceptable pour mes oreilles le temps d'un morceau avec le titre Entre ses bras, et a eu l'opportunité de faire chanter Asaf Avidan, alors qu'elle assurait ses premières parties de concert en 2017. Y a pire.

Safia Nolin et Pomme en concert

Pomme n'a pas connu ce que l'on pourrait appelé un "succès fulgurant", mais plutôt une montée lente et sûre vers la reconnaissance, puisqu'une victoire de "l'album révélation" lui a été décernée lors des Victoires de la musique, le 14 février dernier. C'est pas que j'accorde tant d'importance aux trophées, mais quand-même, c'est pas mal. Je suis ravie d'être revenue sur mes premières impressions. Les mots de Pomme ont leur place et s'écoutent avec attention. A défaut de lui donner un prix, je lui accorde désormais mes oreilles.

Ici, le site de la chanteuse pour plus amples informations.

La lavande (accoustique - 2017)

Adieu mon homme (2017 - en studio)

Je sais pas danser (2019 - studio)

Les oiseaux (2019 - live)

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En attendant de fêter nos retrouvailles...

19 Février 2020, 18:16pm

Publié par Erin

Greame Allwright (1926-2020)

Greame Allwright (1926-2020)

Cher Graeme,

En principe, je publie un article par semaine sur ce blog. Pour que je publie plus, il faut vraiment que je considère que le sujet en vaille la peine. L'article de vendredi qui arrive est déjà prêt depuis un bon moment, (et il sera posté à temps,) mais tu es mort dimanche dernier et je ne pouvais pas ne rien dire sur toi, alors je suis obligée de modifier un tant soit peu mes habitudes. Si tu pouvais me prévenir la prochaine fois que tu tires ta révérence, ce serait sympa, ça m'éviterait de chambouler mon planning...

C'est bien simple, tu fais partie de ma vie, d'aussi loin que je m'en souvienne. Tu as d'abord bercé l'enfance de ma mère et mon grand-père t'adorait. Je n'ai pas vécu un séjour chez mes grand-parents, ni une réunion familiale dans leur maison sans entendre ta voix. Tes adaptations de chansons folk comme "Suzanne", "L'étranger" ou "Qui a tué Davy Moore ?" m'ont initiées à Leonard Cohen et à Bob Dylan. Petite, je connaissais par coeur "Le jour de clarté", "Emmène-moi" ou "Il faut que je m'en aille (Les retrouvailles)", que ma mère et moi avons chanté à tue-tête pas plus tard qu'à Noël dernier.  Faut bien se réchauffer le coeur quand il fait froid dehors... Nous avons aussi tenté "Jolie bouteille", mais on ne se souvenait que du premier couplet. Les brumes du vin sans doute. Pour m'endormir quand j'étais enfant, elle me chantait "Petit garçon", en attendant que je trouve le sommeil...

En somme, c'est comme si tu étais un ami de la famille. C'est pour ça que depuis dimanche, ça me fait tout drôle que tu sois plus là. J'ai réalisé que j'avais tellement été habituée à voir ton portrait jeune et fringant sur tes pochettes d'albums que je n'avais pas envisagé que tu puisses vieillir un jour. D'un coup tu avais 93 ans et c'était déjà fini... Il a fallu que tu t'en ailles, et c'est à moi que ça fait de la peine.

J'ose espérer que toutes ces années de théâtre et de musique t'ont rendues heureux et que tu es parti sans douleur, le plus apaisé possible. J'imagine que tu te réjouis, tu n'auras plus mal aux pieds et tu ne sera plus obligé de voyager... Si jamais il y a quelque-chose après la mort et que là où tu te trouves tu croises mon grand-père, embrasse-le de ma part. Il sera sans doute ravi de partager quelques duos avec toi. En attendant que ce soit mon tour, ton héritage musical est installé bien au chaud à l'intérieur de moi et je ferai tout mon possible pour le maintenir, vivant.

Bon vent !

Il faut que je m'en aille

Emmène-moi

Qui a tué Davy Moore ? (Adaptation d'une chanson de Bob Dylan)

Le jour de clarté

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Agrippine pleure sa mère... (Ou "Petits travers", de Claire Brétécher-2018)

14 Février 2020, 21:44pm

Publié par Erin

Claire Brétécher (1940-2020)

Claire Brétécher (1940-2020)

Moi quand j'étais petite, je voulais tout faire comme ma Maman. Porter des talons, mettre du maquillage, me couper les cheveux, regarder Nestor Burma à la télé, danser sur Angélique Kidjo, chanter comme Vanessa Paradis et... lire Agrippine. Parce que la bande-dessinée de Brétécher faisait marrer ma mère, je lisais les mésaventures de cette grande perche avec délectation sans y comprendre grand-chose.

Agrippine

Et puis j'ai grandi, et j'ai compris. Je sais maintenant pourquoi ma mère trouvait ça drôle et aujourd'hui je ris beaucoup moi-même. L'humour de Claire Brétécher c'est un sens de l'observation aigu, une langue unique qui mélange le châtié et l'argot, un coup de crayon bien spécifique et un ton politiquement incorrect. Cette Nantaise venue à Paris dans sa jeunesse pour dessiner, a appris avec des grands de la BD comme Gotlib et a toujours fait preuve d'une liberté sans concessions dans son travail.

C'est cet oeil aiguisé que l'on retrouve dans ces Petits travers (paru en 2018), recueil qui regroupe un certain nombre de petits dessins caustiques et efficaces, principalement destinés à la publicité (mais pas que...) En effet, en plus de ses nombreuses séries d'albums de BD, Claire Brétécher illustrait pour les autres, y compris pour les publicitaires. Et surtout, elle ne jetait rien, même ce qui n'était pas publié... C'est tant mieux puisque maintenant, ces petits trésors se retrouvent dans ce chouette bouquin ! Il est parfait pour ceux qui ont la chance de ne pas encore connaître cet univers, mais qui souhaitent le découvrir. On y parle sexe, religions, bouffe, générations, écologie... Avec justesse, humour et décadence.

"Adieu Claire, je t'aimais bien..." Je me réjouis d'avoir la chance de pouvoir te lire ou te re-relire. Merci de nous avoir laissé tes dessins. J'espère qu'en partant tu n'as pas oublié tes crayons, histoire de continuer à te fendre la gueule en dessinant nos "travers" de simples mortels.

 

Agrippine pleure sa mère... (Ou "Petits travers", de Claire Brétécher-2018)

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Jazz libre en banlieue

7 Février 2020, 09:17am

Publié par Erin

Jazz libre en banlieue

C'était le 31 janvier 2020. Il faisait nuit et il pleuvait. Mais ce soir-là je me rendais au théâtre pour une soirée jazz qui promettait d'être riche.

Le spectacle est assuré par le Healing Orchestra (extension du groupe français Healing Unit), cet ensemble qui prend racine dans le Free Jazz, mais qui alterne judicieusement entre la musique traditionnelle, la musique écrite et l'improvisation. Pour ce show intitulé Free Jazz for the People, il y a du monde sur scène: une batterie, des percussions, un xylophone, un piano, des trompettes, des saxophones, un violon, une flûte traversière, une contrebasse et un violoncelle.

Quand on aime le jazz comme moi, mais que le Free ne fait pas partie de notre culture, il n'est pas toujours facile de suivre les improvisations de tout le monde. Ce qui est en revanche certain c'est que chacun a une place à l'intérieur de cet espace et que tout le monde est libre de s'exprimer.

Et puis ces improvisations qui nous retournent un tant soit peu le cerveau font en fait partie d'un tout, qui lorsqu'il joue en harmonie est d'une très grande puissance. On s'y retrouve et nous voilà emporté par cette énergie folle qui ne demande qu'à se déployer. Il y a du son dans tous les sens, qui est extrêmement compact, mais qui sait aussi se faire très nuancé pour emmener l'auditeur dans différentes ambiances, connues ou non.

Selon moi, le Free Jazz s'apprécie plus facilement en concert que sur un disque, car il permet aux vibrations de nous envahir et de fermer les yeux pour laisser libre cours à notre imagination. Le set se termine avec Le chant des partisans, histoire de fédérer le public et de finir en beauté. Que voilà une bien belle soirée, pour une expérience étonnante qui m'a ouvert grand les oreilles.

Ici le lien vers le site internet pour plus d'informations pratiques.

Le Healing Orchestra en 2017

Extrait de l'album "Music to run and shout" par Healing Unit

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