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Les Promenades d'Erin

This is Halloween !

31 Octobre 2019, 09:02am

Publié par Erin

This is Halloween !

Ce soir c'est Halloween !

Si vous n'êtes pas du genre à passer votre soirée dehors en déguisement à quémander des bonbons, je vous propose une petite sélection de films appropriés pour la soirée. Pour ma part, l'horreur n'est pas ce vers quoi je me dirige spontanément. Je suis du type un peu "sensible" qui recherche rarement la peur de manière volontaire. Mais comme j'ai d'excellents amis qui sont de grands amateurs du genre, j'ai eu l'occasion de passer de bonnes soirées en en visionnant quelques uns avec eux. Bien entendu, chaque sensibilité est différente, et ce qui me terrifie vous fera peut-être franchement marrer (ou inversement.) C'est normal. Partant du principe qu'il ne faut surtout pas se forcer à regarder ce qui nous met mal à l'aise, je laisse au lecteur libre choix de ce qu'il préfère. Cet article n'a pour objectif que de vous donner quelques titres si vous êtes intéressés. Pour les besoins de cet écrit, j'ai classé les films du moins au plus terrifiant, selon ma limite personnelle.

Le pensionnat, de Songyos Sugmakanan (2007)

A douze ans, Ton est envoyé en pensionnat par son père. ll découvre rapidement que l'école cache de nombreux mystères, notamment autour de la piscine abandonnée...

Si vous n'aimez pas trop vous faire peur et que vous voulez commencer en douceur, cette chouette histoire de fantômes est faite pour vous. Ce qui marque dans ce film c'est l'amitié qui en est le centre. (Faut pas s'attendre à voir débarquer Casper non plus, c'est plus sombre que ça quand-même...) Obscurité, silence, musique étrange, chiens qui aboient sans arrêt... Il y a là-dedans tout ce qu'il faut pour vous faire légèrement frissonner sans pour autant vous causer des cauchemars. Il ne s'agit pas d'un film d'horreur à proprement parler, mais plutôt d'un film fantastique qui sait conjuguer épouvante et humanisme avec intelligence.

Gothika, de Mathieu Kassovitz (2002)

A la suite d'une mystérieuse rencontre lors d'un accident de voiture, le docteur Miranda Grey se retrouve internée dans l'aile psychiatrique du centre de détention dans laquelle elle travaille habituellement. Elle est accusée d'avoir tué son mari, mais ne se souvient de rien... Elle va alors tout faire pour résoudre ce mystère dont elle semble être la clé.

Si comme dans Le pensionnat, il est aussi question de fantômes, ici ils sont carrément plus effrayants. Gothika est plus qu'une histoire de spectres qui se déplacent à travers les murs, c'est une affaire de fil très mince entre le rationnel et le surnaturel, entre la vengeance et la justice... A l'instar de son personnage principal la vision du spectateur change lorsque celle qui croyait tout savoir de la folie se retrouve de l'autre côté d'une cellule. Très bon thriller de bout en bout et chouette casting, avec Halle Berry en tête.

Darkness de Jaume Balaguero (2002)

Une famille originaire des Etats-Unis s'installe dans une grande et vieille maison à Barcelone. Dès leurs premiers jours dans cette demeure, des événements étranges arrivent: la lumière se coupe inopinément, tandis que le père devient paranoïaque et que d'inquiétantes blessures inexpliquées apparaissent sur le corps du petit garçon... Sa grande soeur va découvrir que leur maison fut le théâtre d'un enlèvement d'enfants quarante ans auparavant...

Si vous avez tendance à avoir peur du noir, réfléchissez bien avant de prendre la décision de regarder ce film. Comme le titre l'indique, on passe une bonne partie du temps dans l'obscurité. C'est à vous de voir si la tension ambiante et le suspense haletant réussiront à vous faire dépasser cette peur ou non. Pour ma part, ça a plutôt fonctionné. Darkness nous embarque dans un univers tellement irrationnel qu'on a envie d'aller jusqu'au bout pour savoir si toute cette inquiétude valait le coup. Je n'en suis pas ressortie déçue.

The Witch, de Robert Eggers (2015)

En Nouvelle-Angleterre au XVIIème siècle, William et sa famille (sa femme et ses enfants Thomassin, Caleb, Juno, Mercy et Samuel) sont exclus de leur communauté puritaine pour des propos non-acceptés sur la religion. Ils s'installent en lisière de la forêt. Un jour, bébé Samuel disparaît. Son corps est retrouvé dans cette même forêt, en très mauvais état...

Dans The Witch, il y a du glauque, du gore, du mystère, des fantômes, des animaux qui parlent, bref,  c'est un vrai cocktail de panique. Mais c'est un cocktail sournois, où selon moi la vraie angoisse se situe dans l'atmosphère lourde et oppressante de l'obscurantisme religieux. (Obscurantisme qui moi me fait plus flipper que n'importe quelle scène de monstre hideux faisant couler des litres de sang). On ne se marre pas du tout, on ne respire pas toujours très bien et il y a grosse tension du début à la fin. Esthétiquement, le film est très réussi, (beaux paysages et belle photographie) et c'est pour moi le plus adapté à cette soirée d'Halloween. Quoi de mieux pour célébrer cette nuit qu'une sombre histoire de sorcière ?

Joyeux Halloween à tous !
 

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Les rengaines à huit sous

25 Octobre 2019, 08:54am

Publié par Erin

Les rengaines à huit sous

J'ai d'la chance de pas être trop moche
Et d'faire d' la merde grand public
Ca va rentrer dans ma caboche
Que j'comprends rien à la musique.

De la merde grand public

Ce n'est plus un secret pour personne depuis longtemps, j'aime la musique. Je ne suis en revanche pas très fan des télé-crochets et autres concours de formatage musical qui pullulent de nos jours à la télévision. Le seul moment qui me semble amusant dans ce type de jeu c'est celui des auditions, alors que les candidats sont encore eux-mêmes et ont encore leur personnalité musicale, aussi imprécise soit-elle.

C'est donc selon moi, un point très positif que de faire partie des chanteurs qui ont essayé The Voice (après tout pourquoi pas), et qui ont perdu. Cela signifie qu'en perdant le jeu, ils ont gardé leur âme. Et si leur univers musical ne plaît pas au public de masse ou à un jury sans saveur, c'est souvent parce qu'il est intéressant et que ces chanteurs ont des choses à dire.

En 2014 se présentait Leïla Huissoud. Agée de 18 ans, elle était installée à Strasbourg quand elle s'est faite repérer alors qu'elle chante dans la rue, pour passer le casting de l'émission. Elle remporte cette première étape en reprenant Caravane de Raphaël, tient quelques semaines, puis rentre chez elle. Elle prend son aventure télévisuelle comme un stage d'observation qui lui a permis de se connaître mais aussi de savoir ce qu'elle n'avait surtout pas envie de faire.

Dans sa famille, on fait du cirque et on aime les piliers de la chanson francophone comme Georges Brassens, Barbara ou Jacques Brel. Alors très tôt, Leïla chope le virus et commence à écrire. Elle écrit les émotions qui la traversent, les gens et les endroits qu'elle aime... Tout, en fait. Mais parce qu'elle a une diction bien à elle et qu'elle compose des mélodies qui sonnent un peu "à l'ancienne", c'est  Ferrat, Moustaki ou Ferré que l'on entend à travers elle. Et en même temps pas tout à fait, car la plupart de ses chansons sont des compositions originales. Elles sonnent "dans le style de" sans pour autant être exactement ce que l'on a déjà entendu. C'est simple, c'est très bien écrit, et ça réveille le chanteur réaliste qui sommeille en nous.

Grâce à du financement participatif, Leïla a sorti un premier album, L'ombre, en 2017. Capté en public durant plusieurs dates de la première tournée, il donne à entendre des compositions arrangées très simplement pour une guitare acoustique et/ou un piano (elle est accompagnée sur scène par le pianiste Kévin Fauchet). La niaise nous prend aux tripes, De la merde grand public nous donne la gnaque, La vieille (reprise de Patrick Font, chantée à l'origine par Evelyne Gallet) nous fait sourire...

En novembre 2018 sort Auguste, (en référence au clown rouge du cirque, qui s'oppose au clown blanc) second opus en studio, aux arrangements plus sophistiqués. Des cordes, des fanfares, des percussions, bref, Auguste est un joyeux bordel. Sur scène, elle garde un pianiste/percussionniste et un contrebassiste. La farce donne le ton du spectacle, Caracole (sur le décès d'un proche) nous bouleverse, Chianteuse nous fait rire et Le vendeur de paratonnerres (ou L'orage, de Brassens, mais du point de vue du cocu) est un bijou d'inventivité. Son expérience télévisuelle ne l'ayant pas fâchée avec les reprises, elle réinterprète Le cinéma, de Claude Nougaro, ou L'infidèle de Patrick Font et Evelyne Gallet, avec légèreté et implication. Leïla n'a décidément pas peur de chanter ce qu'elle a à dire et de contredire ceux qui pensent qu'avec son joli minois, elle ne peut servir que de la chanson inoffensive.

Elle donne la majorité de ses concerts en festivals de province, lors de petits événements. Son succès auprès du public et son talent d'écriture lui ont récemment permit d'assurer les premières parties des concerts d'Alexis HK ou Gauvain Sers. Leïla ne semble pas très à l'aise lorsqu'il s'agit de parler autre chose que musique, ou lorsqu'elle est l'objet d'une trop grande attention. Elle est en revanche sur scène comme chez elle, n'hésitant jamais à échanger avec son public dans les moments les plus opportuns.

Si par le plus grand des hasards elle venait un jour à lire cet article, j'espère qu'elle me pardonnera ce jeu de mots pourri que je me suis permise de faire avec son nom de famille, car ses "rengaines" (comme elle les appelle elle-même) sont loin de valoir huit sous, elles n'ont pas de prix. Elles sont précieuses car intemporelles, empruntées à un temps lointain et en même temps très ancrées dans leur époque. De quoi nous rappeler que la chanson française à textes à encore de beaux jours devant elle.

 

J'troquerai pas mon Français
Qui sent le vin rouge à plein nez
Le bistrot du coin, la musette,
Les champs de lavande et la violette.

Mon Français

De la merde grand public

La niaise

Le vendeur de paratonnerres, ou la réponse du cocu à Georges Brassens

L'infidèle, écrite par Patrick Font

La farce, extrait de l'album Auguste

Si j'suis jolie c'est que j'suis de loin
Si j'suis de loin c'est qu'j'suis surrélevée
Physiquement ça compense rien
Mais c'est plus simple pour cracher

La Farce

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Barbara: il était un piano noir...Mémoires interrompues (1997)

18 Octobre 2019, 09:00am

Publié par Erin

Durant deux ans, j'ai fait le deuil d'une partie de ma vie qui venait brusquement de se terminer. Ecrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue.

Petite, j'étais bercée par ses chansons, parce que dans ma famille, on compte quelques grands fans. Elle fait partie de ces "chanteurs pour adultes" dont l'oeuvre me plaisait sans que j'en saisisse complètement le sens et que j'entendais d'une oreille distraite. Ce n'est que devenue adulte et pour des raisons personnelles que j'ai été amenée à m'y intéresser de plus près.

Le 24 novembre 1997, Barbara nous quittait. En avril de la même année, elle avait débuté la rédaction de ses mémoires. Interrompues par sa mort prématurée, celles-ci ont été publiées de manière posthume, sous la forme d'un récit déjà bien construit, mais aussi de fragments de textes destinés à compléter le reste.

Ses mémoires sont un bon éclairage sur l'histoire de certains de ses plus grands succès, comme Monsieur Victor, Nantes ou Göttingen. Barbara y parle aussi de ses relations amoureuses, amicales (notamment son amitié avec Gérard Depardieu)  et professionnelles, qui elles donnent des indices quant à sa personnalité et sa manière de travailler. Exigente avec elle-même mais aussi avec les autres, elle semble parfois un peu autoritaire, mais c'est aussi une femme pleine de joie et de rires toujours prête à partager des moments de vie simple, avec ses proches et son équipe. La réalité est finalement assez loin de l'image de la femme sombre et dépressive qu'elle peut renvoyer à certains.

Que l'on aime Barbara ou non, l'on est forcé de reconnaître que c'est une des figures de la chanson francophone, qui a marqué sa génération et influencé les suivantes. Son récit, à l'écriture aussi fluide que celle de ses chansons, permet d'entrevoir, de son enfance à sa vie d'adulte, une femme déterminée à vivre de sa passion. Quelqu'un de fondamentalement sincère, qui n'a jamais voulu se compromettre et qui est restée jusqu'au dernier moment au service de sa musique et de son public. De ses débuts sur scène à L'Ecluse à l'écriture du spectacle musical Lily-Passion, en passant par son père incestueux, la chanteuse se raconte, sans détour mais avec style et pudeur.

Ce livre est à l'image de celle qui l'a écrit: sensible et délicat, mais aussi drôle et touchant. En plus d'être une lecture intéressante, c'est une lecture agréable, dont l'arrêt brutal est bien dommage. Il donne à penser qu'il est bien triste que Barbara n'ai pas pu finir son écrit. On aurait bien aimé lui voir une meilleure fin et lui souhaiter un récit plus long. Heureusement que la "femme qui chante" écrivait comme on pose ses tripes sur une table et que ses chansons sont immortelles.

 

Après une immense dernière fête, conduite par un Philippe silencieux, accompagnée de ma Béa qui se ratatinait pour ne me déranger en rien, j'étais prostrée, avec tout cet amour, ces regards, vos mains tendues. Mais malgré mon isolement, malgré ce long deuil que je venais de commencer, au terme de ma belle et intense vie de nomade, j'étais une femme heureuse.

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Les films de septembre

11 Octobre 2019, 09:05am

Publié par Erin

Il est tout petit le bilan de septembre ! Mais vous savez ce que c'est, la rentrée est souvent une période un peu chargée... Tout s'est accéléré pour moi durant ce dernier mois, alors pour être honnête, je n'ai pas franchement pu voir tout ce que je voulais voir. Mais tout de même, j'ai trouvé le temps d'aller visionner deux films, dont je voulais partager avec vous l'expérience.

Fête de famille, de Cédric Khan

Pour célébrer l'anniversaire d'Andréa, ses fils Vincent et Romain ainsi que son mari et ses petits enfants se retrouvent tous dans la maison familiale pour la journée. Celle-ci va se trouver légèrement modifiée par l'arrivée surprise de Claire, la fille d'Andréa, qui depuis trois ans vivait aux Etats-Unis. Claire est psychiquement fragile et son comportement est instable. La fête tourne au vinaigre lorsqu'elle réclame une somme d'argent qui lui est due et qu'elle avait un jour prêté à ses parents pour l'achat de la demeure qui les abrite.

Avis aux amateurs de films francophones comiques et familiaux: Fête de famille n'est pas exactement ce que vous croyez. Nous sommes loin des blagues et des ambiances convenues. Si la fête est tendue, ce n'est pas seulement à cause du comportement de Claire qui est à première vue, celle par qui toutes les embrouilles arrivent, et celle dont le comportement est le plus étrange. A bien y regarder, plus le film avance, plus le spectateur est obligé de se questionner: celle qui paraît la plus instable n'est-elle pas finalement la plus sensée ? Tout au long de l'histoire les névroses des uns et des autres se révèlent au grand jour, lui conférant une atmosphère quelque peu oppressante. Les personnages eux-mêmes étouffent au sein de leur cellule familiale. Heureusement que les dialogues et les situations absurdes sont là pour nous faire rire et nous aider à prendre de la distance.

Par ailleurs, le film est servi par un casting très juste (Catherine Deneuve, Vincent Macaigne et Cédric Kahn entre autres) avec Emmanuelle Bercot en tête. Elle livre une très belle interprétation de Claire qui semble être un rôle de composition difficile, sur le fil du rasoir, dont le comportement  bascule sans cesse d'un extrême à l'autre. Fête de famille est un film dérangeant, quelque peu inconfortable, mais qui vaut le détour justement pour cela. Tonique et bien tourné, il nous oblige à remettre nos propres pendules à l'heure.

Les hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman

En 1998, Kaboul est en ruines et occupée par les talibans. Zunaira et Mohsen sont en couple. L'application de la loi islamique en vigueur les empêche tous les deux d'exercer leurs passions respectives. (Elle peint, il enseignait l'histoire). Atiq est gardien de la prison vers laquelle transitent des femmes condamnées à mort. Il est malheureux de sa situation professionnelle et maritale. Sa femme Musarrat, est très malade. A la suite d'un accident, les destins de ces quatre personnages vont s'entremêler.

Attention, bijou d'animation droit devant ! En plus de la belle histoire (adaptée du roman de Yasmina Khadra paru en 2002), c'est un film magnifique sur le plan esthétique. Loin des animations de synthèse qui pullulent à notre époque, Les hirondelles de Kaboul est dessiné à l'aquarelle. Le dessin en sort certes moins réaliste que ce à quoi nous sommes habitués, mais devient je trouve, plus chaleureux. Et puis les mots "dessin animé" reprennent leur sens, d'autant plus que le procédé de doublage diffère de la marche habituelle. Généralement, on dessine, on anime, puis on pose les voix. Ici, on a posé les voix en faisant jouer les comédiens, puis dessiné, puis animé et monté. De fait, le jeu et la gestuelle des personnages sont justes, puisqu'ils sont la base de laquelle est parti le projet (au passage, on trouve une belle brochette de comédiens parmi lesquels Simon Abkarian et Swann Arlaud). Le résultat est convainquant, les personnages ont l'air de vivre pour de vrai... Leur visages sont aussi physiquement proches de ceux des acteurs qui les incarnent, ce qui participe de cette véritable sensation de vie, bien plus forte que dans d'autres dessins animés... A voir absolument !

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Quand la grâce vient d'Angleterre

4 Octobre 2019, 08:45am

Publié par Erin

Quand la grâce vient d'Angleterre

Parce que j'ai remarqué que ma catégorie "Musique" comprenait jusqu'à présent seulement cinq articles dont trois consacrés à la musique Irlandaise (par ici un petit tour général, par là le bodhran et encore là Hozier), je me suis dit qu'il était tant d' y remédier et d'écrire sur autre chose. Je parlerai donc aujourd'hui de cette musicienne Anglaise dont j'interprète régulièrement les chansons.

Laura Marling est née en février 1990 dans le sud de l'Angleterre. Avec une mère qui enseigne la musique et un père qui possède studio d'enregistrement, difficile pour elle d'envisager de faire autre chose que de la musique dans la vie. Ce dernier lui enseigne la guitare folk et la jeune fille est bercée par les plus grands, tels que Neil Young, Bob Dylan ou Leonard Cohen.

A dix-huit ans, Laura Marling sort son premier album Alas I Cannot Swim, qu'elle a entièrement écrit et composé. L'ambiance y est principalement acoustique et constituée de cordes de guitare et de violon. Les paroles sont poétiques, et de nombreux thèmes y sont abordés, parmi lesquels l'absence (Ghosts), ou les relations toxiques (My Manic And I). D'autres textes sont plus oniriques (The Captain and the hourglass) ou encore naïfs, sans l'être complètement (Alas, I Cannot Swim).

Cette chanteuse au physique plutôt fluet, n'a pas la voix que l'on pourrait imaginer en la voyant. Basse, profonde, mais délicate et très précise dans les rares aigus qu'elle se permet, elle apaise et transmet des émotions avec beaucoup de grâce par des mélodies simples et sans artifices. Cependant, certaines d'entre elles sont très originales (comme souvent le sont celles des musiciens anglais), et d'autres sont très proches des grands morceaux folk de toujours. Leonard Cohen aurait en effet pu écrire le poignant What he wrote. (Sur son second album, I speak because I can, sorti en 2010, où l'ambiance reste épurée mais plus cohérente, avec des chansons aux styles moins divers).

Les deux premiers albums de Laura Marling

Les années passent et les albums aussi. Le son se fait plus sophistiqué, parfois plus électrique. Laura Marling grandit et prend de la maturité. Sa voix reste la même mais s'affirme de plus en plus. En concert, elle est de ceux qui ne parlent que si cela est nécessaire. Réservée sans être effacée mais confiante dès qu'il s'agit de chanter, elle interprète ses morceaux (et parfois quelques reprises) avec beaucoup de sincérité. Son dernier disque, Semper femina est sorti en 2017 et pour l'instant, pas de nouvelles quant à une nouvelle création. En attendant vous pouvez découvrir tous ses albums sur son site internet afin d'apprécier autant que moi l'évolution de son travail.

La liste de ses albums:

Alas, I cannot swim (2008)

I speak because I can (2010)

A creature I don't know (2011)

Once I was an eagle (2013)

Short movie (2015)

Semper femina (2017)

Certaines de ses chansons ont même été utilisées pour des films et des séries (entre autres What he wrote pour le film Hongrois Corps et âme en 2017 ou dans la série britannique Peaky Blinders).

Chanter seule c'est chouette, mais chanter à plusieurs aussi. Laura Marling compte de nombreux duos, notamment avec le groupe anglais Mumford and Sons ou avec le chanteur et comédien Johnny Flynn. De telles collaborations la place aujourd'hui au rang des chanteuses folk reconnues, sans qu'elle fasse pour autant partie du star system. Et quand on l'entend, on se dit que même si elle mérite sincèrement d'être autant entendue que ceux qui font partie du showbusiness, c'est aussi bien qu'elle reste un peu à la marge. Qu'elle garde son indépendance, sa part de mystère, et surtout, qu'elle continue d'enchanter nos oreilles.

Avec Marcus Mumford

 

Extrait de "Alas I Cannot Swim"

Sur le second album, "I speak because I can"

Version studio de "Master Hunter", extrait de "Once I was an eagle"

En duo avec Johnny Flynn

Extrait du dernier album

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