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Les Promenades d'Erin

En attendant de fêter nos retrouvailles...

19 Février 2020, 18:16pm

Publié par Erin

Greame Allwright (1926-2020)

Greame Allwright (1926-2020)

Cher Graeme,

En principe, je publie un article par semaine sur ce blog. Pour que je publie plus, il faut vraiment que je considère que le sujet en vaille la peine. L'article de vendredi qui arrive est déjà prêt depuis un bon moment, (et il sera posté à temps,) mais tu es mort dimanche dernier et je ne pouvais pas ne rien dire sur toi, alors je suis obligée de modifier un tant soit peu mes habitudes. Si tu pouvais me prévenir la prochaine fois que tu tires ta révérence, ce serait sympa, ça m'éviterait de chambouler mon planning...

C'est bien simple, tu fais partie de ma vie, d'aussi loin que je m'en souvienne. Tu as d'abord bercé l'enfance de ma mère et mon grand-père t'adorait. Je n'ai pas vécu un séjour chez mes grand-parents, ni une réunion familiale dans leur maison sans entendre ta voix. Tes adaptations de chansons folk comme "Suzanne", "L'étranger" ou "Qui a tué Davy Moore ?" m'ont initiées à Leonard Cohen et à Bob Dylan. Petite, je connaissais par coeur "Le jour de clarté", "Emmène-moi" ou "Il faut que je m'en aille (Les retrouvailles)", que ma mère et moi avons chanté à tue-tête pas plus tard qu'à Noël dernier.  Faut bien se réchauffer le coeur quand il fait froid dehors... Nous avons aussi tenté "Jolie bouteille", mais on ne se souvenait que du premier couplet. Les brumes du vin sans doute. Pour m'endormir quand j'étais enfant, elle me chantait "Petit garçon", en attendant que je trouve le sommeil...

En somme, c'est comme si tu étais un ami de la famille. C'est pour ça que depuis dimanche, ça me fait tout drôle que tu sois plus là. J'ai réalisé que j'avais tellement été habituée à voir ton portrait jeune et fringant sur tes pochettes d'albums que je n'avais pas envisagé que tu puisses vieillir un jour. D'un coup tu avais 93 ans et c'était déjà fini... Il a fallu que tu t'en ailles, et c'est à moi que ça fait de la peine.

J'ose espérer que toutes ces années de théâtre et de musique t'ont rendues heureux et que tu es parti sans douleur, le plus apaisé possible. J'imagine que tu te réjouis, tu n'auras plus mal aux pieds et tu ne sera plus obligé de voyager... Si jamais il y a quelque-chose après la mort et que là où tu te trouves tu croises mon grand-père, embrasse-le de ma part. Il sera sans doute ravi de partager quelques duos avec toi. En attendant que ce soit mon tour, ton héritage musical est installé bien au chaud à l'intérieur de moi et je ferai tout mon possible pour le maintenir, vivant.

Bon vent !

Il faut que je m'en aille

Emmène-moi

Qui a tué Davy Moore ? (Adaptation d'une chanson de Bob Dylan)

Le jour de clarté

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P
Bien triste nouvelle mais bien bel hommage, cela compense....
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E
Oui, ça me fait bien triste à moi aussi... Merci pour ton petit commentaire. Je suis contente que l'article te plaise.