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Les Promenades d'Erin

Hozier got the Irish Blues

21 Juin 2019, 07:24am

Publié par Erin

Hozier got the Irish Blues

Cette année, pour mon anniversaire, j'ai été gâtée. J'ai eu un voyage surprise à Marseille (!!!!!!!!) et Wasteland Baby ! le dernier album du chanteur Hozier. Et parce qu'aujourd'hui c'est la fête de la musique, j'en profite pour vous parler de ce chanteur.

Pour ceux qui ne le connaisse pas encore, ce garçon est né à Bray, dans le comté de Wiclow en Irlande le 17 mars 1990, saint jour de Saint-Patrick. Fils d'un banquier de jour (batteur de blues la nuit) et d'une artiste peintre, Andrew Hozier-Byrne écrit ses propres chansons dès l'âge de quinze ans et rejoint l'orchestre du Trinity College alors qu'il est à l'université de Dublin quelques années plus tard. Il quitte la faculté en milieu d'année et sort en 2013 un premier EP intitutlé Take me to Church, premier titre de son premier album Hozier, distribué en 2014. Ce disque est couronné de succès et fait l'objet d'une grande tournée en Europe et aux États-Unis. Il revient en 2018 avec un EP ou figurent cinq titres du second album Nina Cried Power, lui-même sorti le 1er mars 2019.

Les dessins de la couverture et du livret ont été réalisés par sa mère Raine Hozier-Byrne

 

Wasteland Baby ! (2019)

Hozier fait parti de ces musiciens Irlandais contemporains qui ne font pas de musique traditionnelle Irlandaise. (C'est pas parce qu'on est Irlandais qu'on est obligé d'en faire, tout en vivant dans une grotte au fond des bois, entouré de leprechauns). Ses influences musicales se situent plutôt du côté de John Lee Hooker, Muddy Watters ou Billie Holiday. Ses racines celtes n'étant cependant jamais très loin son blues rock tend vers la folk de temps à autres. Les textes sont chargés de poésie, de métaphores et de jolies images qui font sens. Pour lui, la musique est politique et l'artiste est chargé au travers de ses créations, de s'engager pour les causes qui lui semblent justes. Ainsi Take me to Church a été écrite en réaction au traitement des homosexuels en Russie, la très jolie ballade Cherry Wine évoque les violences domestiques, To be Alone (ma favorite sur ce premier album) parle drogue et relations toxiques. Plus récemment, Nina Cried Power est un bel hommage à l'héritage politique et musical d'artistes comme Bob Dylan, James Brown, ou Nina Simone... Il la chante en duo avec Mavis Staples, chanteuse américaine et activiste pour les droits civiques des noirs. Quatre-vingts printemps cette année et une voix comme on en fait plus....

Hozier et Mavies Staples

Le second album est une continuité du premier. Le style reste le même mais il me semble plus lumineux, bien que l'actualité ne pousse pas forcément à écrire de joyeuses déclarations. Les chœurs chantés par tous ses musiciens (de vrais choristes, c'est si rare de nos jours...) sont très présents (Movement, Almost, To Noise Making (Sing) ou le magnifique Dinner and Diatribes) et permettent d'accentuer une tonalité très gospel, déjà présente de temps à autres sur l'album éponyme avec quelques titres comme Angel of Small Death and the Codeine Scene, ou Work Song. Selon moi, cette force du chant collectif donne une ambiance moins mélancolique, plus chaleureuse, une humeur plus combative et une œuvre tournée vers les autres.

En concert, Hozier donne le sentiment de chanter pour chaque personne du public, individuellement. Les textes nous sont adressés, et les mélodies originales emmenées par une voix très claire sachant se faire tantôt puissante, tantôt délicate, nous assoient dans notre fauteuil et nous touchent droit au cœur. Je suis personnellement ravie d'appartenir à la même époque qu'Hozier comme d'autres ont appartenu à celle de Janis Joplin, par exemple. Il semble faire partie de ces artistes pour qui seuls la musique et son partage comptent. Chaque chanson interprétée en live est transmise avec une telle énergie et une telle sincérité qu'on se demande (comme chez Camille) si chaque spectacle n'est pas le dernier de sa vie. Heureusement non, je me réjouis personnellement de savoir que chaque sortie de disque le conduit sur les routes d'Europe et d'ailleurs pour partager avec son public les émotions qui le traversent. Longue vie !

Hozier got the Irish Blues

En référence à l'écrivain Irlandais James Joyce

To be Alone, en live et seul à la guitare

Le clip de Cherry Wine, avec l'actrice Saoirse Ronan

En live avec Mavies Staples

Shrike, ou LA ballade folk du second album

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