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Les Promenades d'Erin

Ciné et ciné-maison: les films de Mars

3 Avril 2022, 09:24am

Publié par Erin

Great Freedom, de Sebastien Meise (2022)

 

Hans Hoffmann est homosexuel. Mais dans l'Allemagne d'après-guerre, le paragraphe 175 du code pénal interdit cette orientation sexuelle... Même en étant emprisonné à plusieurs reprises, Hans revendique sans cesse sa liberté d'aimer.

Cela vous paraîtra sans doute idiot, mais il faut voir le film pour réellement saisir ce que ces quelques lignes de résumé signifient. Je veux dire qu'une telle détermination et un tel courage à être en accord avec ce que l'on est, ça ne se résume pas en trois lignes, ça se vit et si possible, sur grand écran. Le film est aussi sombre que le sujet, mais la force des personnages, et notamment de Hans Hoffmann est une telle lumière qu'elle irradie tous les plans. Les acteurs sont tous crédibles, servant une intrigue assez répétitive et simple, mais qui va à l'essentiel: l'amour et la liberté. C'est une des forces de Great Freedom: avoir l'air d'un film "de niche" (petit sujet, qui a priori n’intéresse pas tout le monde...) qui finalement clame l'universel et sans grands sentiments ni guimauve, ce qui est assez rare pour être signalé. Petit conseil malgré tout: prévoyez un truc sympa à faire après votre séance, si vous souhaitez vous départir de l'état dans lequel vous aura plongé le film. Quel que soit cet état d'ailleurs, vous serez sans doute un peu remué.

Adam, de Maryam Touzani (2019)

Pour s'épargner les difficultés sociales associées à une grossesse hors-mariage, Samia a quitté son village. Enceinte de neuf mois, elle cherche un nouveau toit et un travail. Abla est veuve et élève seule sa fille, subsistant à leurs besoins communs en vendant des pâtisseries. Lorsque Samia frappe à sa porte, Abla est méfiante et peut encline à lui rendre service, mais va finalement accepter au moins pour quelques jours d'héberger la jeune fille.

Adam est une très belle histoire de résilience: les deux femmes vont chacune profiter de la présence de l'autre pour affronter leurs souffrances et leurs traumatismes et finalement avancer dans leur vie. C'est une histoire de sororité où les femmes se reconnaissent dans leurs difficultés, et dans leurs joies. C'est de la sensualité (sans vulgarité) gravée sur pellicule, une mise en scène élégante et une esthétique soignée. Mention spéciale aux deux actrices principales (Lubna Azabal et Nisrin Erradi) qui portent le film sur leurs épaules avec beaucoup de grâce.

Petit paysan, d'Hubert Charuel (2017)

Pierre est un jeune paysan qui a repris la ferme laitière de ses parents. Il s'inquiète un jour de la santé d'une de ses vaches, alors que la FHD (Fièvre Hémorragique Dorsale) venue tout droit de Belgique, vient de se déclarer en France. Il s'inquiète d'autant plus que la règle est radicale: conformément au principe de précaution, si une vache est malade, l'ensemble du troupeau doit être abattu...

Petit paysan a obtenu plusieurs Césars en 2018, dont celui du meilleur premier film et celui du meilleur acteur dans un premier rôle. Si vous suivez mes critiques depuis le début, vous aurez sans doute noté que je n'ai rien à faire des prix, mais je me permettrais quand-même de dire que ceux-ci sont amplement mérités.

Un des éléments frappants d'abord, c'est la véracité de la représentation du monde paysan. C'est qu'Hubert Charuel se serait retrouvé à la place de son personnage s'il n'avait pas fait du cinéma. Ses parents sont paysans tous les deux (ils les fait jouer) et c'est dans leur ferme que le film a été principalement tourné. Les gestes techniques sont parfaits et maîtrisés (il y a même un vêlage en direct) et toutes ces petites choses donnent un naturel très fort à l'image. Là où cela devient magique, c'est quand le naturalisme laisse une petite place au film de genre et ou Petit paysan se transforme en thriller. Il fallait y penser.

Et puis, il y a Swann Arlaud (qui pour le film a pris quelques kilos et qui malgré tout, ne peut pas se départir de son adorable air de lutin) dont la justesse touche droit au cœur. Il porte l'histoire, nous embarque avec lui. On s'insurge de cet absurde principe de précaution (si on avait fait la même chose aux humains pendant le Covid... On serait pas là à se demander pour qui voter dimanche prochain...), on tremble des décisions qu'il prend, on compatit à ses difficultés, mais on sourit tout du long, de sa seule présence. Il est là, c'est sa place, et la nôtre est avec lui.

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P
Hello,<br /> <br /> Merci bien pour ces propositions. Y en a sur NOSCO ?
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E
ADAM sûr.<br /> Petit paysan aussi.<br /> Great freedom pas encore...