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Les Promenades d'Erin

Les films sur l'Irlande

17 Mars 2022, 10:11am

Publié par Erin

Les films sur l'Irlande

Nous sommes le 17 mars et comme le veut ma tradition je vous parlerai Irlande aujourd'hui. C'est la Saint Patrick ! Pour changer des années précédentes où je vous ai écrit à propos de la musique (ici, ici et ici) cette fois-ci  nous parlerons cinéma. Voici une sélection  de 4 films dont les histoires se déroulent sur l'île d'émeraude.

The Commitments d'Alan Parker (1991)

 

A Dublin dans les années 1980, Jimmy Rabbitte, mélomane un peu désœuvré monte un groupe de musique soul. L'affaire est loin d'être gagnée, la soul music n'étant pas le genre le plus populaire à cette époque, surtout dans les quartiers ouvriers de la ville. Mais à force de persévérance, Jimmy parvient à rencontrer des musiciens et à monter son groupe qui à force de travail, devient opérationnel. The Commitments est alors le premier groupe de soul Irlandais...

Pour info, à l'origine de cette joyeuse comédie se trouve le fantastique roman de Roddy Doyle (1987). L'humour est aussi décalé que ses personnages qui sont aussi très attachants. Le rythme est enlevé et les blagues fusent, mais attention, la musique c'est sérieux: les comédiens sont aussi musiciens et ce sont eux qui interprètent la formidable bande originale... Ça décoiffe ! 

Au nom du père, de Jim Sheridan (1993)

 

 

1974: Gerry Conlon, jeune homme sans emploi, vient de quitter Belfast pour s'installer à Londres dans une communauté hippie. Un soir, alors qu'un attentat vient de faire cinq victimes dans un pub, Gerry est arrêté par la police Londonienne, qui l'accuse d'y avoir participé, pour le compte de l'IRA.* Épuisé par la torture physique et psychique dont il fait l'objet, Gerry signe des aveux et se retrouve en prison pour un crime qu'il n'a pas commis...

Basé sur le témoignage du livre Gerry Conlon Proved Innnocent, Au nom du père est un film fort, servi par un casting incroyable (Daniel Day-Lewis, Pete Posthelwaite et Emma Thompson entre autres) qui décrypte avec justesse, les rouages parfois enrayés de la justice. L'histoire prend aux tripes et nous embarque jusqu'à fin, que l'on ne cesse de vouloir qu'elle soit belle. Le film est très beau dans son ensemble, et de plus, habillé par une musique impeccable (Jimi Hendrix, Sinéad O'Connor) ce qui n'est pas pour déplaire. Bien au contraire. 

The Magdalene sisters, de Peter Mulan (2002)

 

En 1964, le destin de trois jeunes femmes se trouve bouleversé. Margareth est violée par son cousin, Rose a eu un bébé hors mariage et Bernadette plaît trop aux garçons. Pour toutes ces raisons, elles sont toutes envoyées par leurs familles respectives dans les "Magdalene homes" des blanchisseries tenues par des religieuses où elles sont condamnées à travailler sans relâche pour expier leurs péchés. 

Si The Magdalene sisters est bien une fiction, les institutions mentionnées sont réelles. La dernière blanchisserie a fermé ses portes en 1996 et si elles n'existent plus en tant que telles aujourd'hui, des femmes vivent encore à l'intérieur, "institutionnalisées", pour ne pas dire sans doute trop isolées et désemparées pour tenter de vivre dans notre monde actuel après une vie de recluses.  Les pensionnaires des "Magdalene homes" qui ont pu en sortir n'ont jamais obtenu réparation pour l'exploitation dont elles ont été victimes, et l’Église catholique n'a jamais reconnue la maltraitance qu'elle a exercé sur ces milliers de femmes. 

Au-delà de l'aspect historique, The Magdalene sisters est une puissante histoire de résistance à tous les carcans qui enserrent les femmes. Les trois actrices principales  (Anne-Marie Duff, Dorothy Duffy et Nora-Jane Noone) sont magnifiques, chacune dans leur registre et la mise en scène est simple mais efficace. J'ai personnellement un coup de cœur pour la scène d'introduction, qui plante magistralement le décor et annonce tout de suite la couleur du film qui remue, jusqu'au fond du ventre.

Killing Bono, de Nick Hamm (2011)

 

Au lycée à Dublin, les frères McCormick ont pour ambition de monter un groupe de rock et d'être à l'origine du "plus grand groupe de rock du monde". Au même moment, leur camarade de classe Paul Hewson monte lui aussi son groupe. Les deux bandes vont alors se faire concurrence, chacun pensant que sa musique est la meilleure, sans savoir que Paul Hewson deviendra Bono et que son groupe U2 aura la carrière que l'on connaît encore aujourd'hui...

Pour être franche avec vous, je n'ai pas revue Killing Bono depuis sa sortie en salle. Les détails ne sont donc plus très frais dans ma mémoire, mais j'ai vraiment le souvenir d'une comédie légère, très rythmée, et d'avoir passé un très bon moment au cinéma. À l'origine de ce film se trouve le témoignage écrit de Neil McCormick, qui pose un regard tendre sur son adolescence et a priori sans rancune pour Bono et son succès international. Sans vous donner plus de détails, je vous dirais que c'est une comédie à voir, ne serait-ce que par ce qu'elle est suffisamment bien faite pour laisser de bonnes ondes en souvenir, même onze ans après sa sortie.

Lá fhéile Pádraig sona dhuit !

Bonne saint Patrick à tous.te.s !

*IRA: Irish Republican Army (Armée Républicaine Irlandaise, fondée par les nationalistes Irlandais opposés à la colonisation de l'Empire Britannique).

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P
Pas trop de souvenir de KILLING non plus (je ne l'ai peut être pas vu, ah, ah) mais raccord avec les impressions sur les 3 zotres : beaucoup d'humanité, des fois brisées, mais qui ressemble à la vie, nous mêmes comme ils disent SINN FEIN.
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E
En tout cas, on ne l'avait pas vu ensemble c'est sûr. Si je le trouve je te le mets de côté ou je te l'envoie... :-)<br /> Merci de ta lecture en tous cas.