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Les Promenades d'Erin

Herman Melville: Moby Dick (1851)

12 Novembre 2021, 18:15pm

Publié par Erin

Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau.

J'ai atteint un de mes rêves d'enfant ! Ne me demandez pas pourquoi, mais depuis que je suis gamine, Moby Dick est un roman qui exerce sur moi une grande fascination dont j'ai pourtant longtemps repoussé la lecture, parce que je trouvais toujours plus urgent à lire... Cet été, j'ai pris mon temps et mon courage à deux mains pour enfin prendre le large et me plonger dans sa lecture.

Ishmaël, jeune marin attiré par l'aventure, embarque un jour sur le Pequod, baleinier commandé par le Capitaine Achab. Mais ce qui devait être une simple chasse à la baleine comme il s'en pratiquait beaucoup à l'époque se transforme rapidement en une histoire de vengeance. L'équipage du Pequod part alors à la recherche de Moby Dick, fameuse baleine blanche réputée pour être un monstre sanguinaire...

Dans l'ensemble, j'ai bien fait de finalement m'y mettre. Ce pavé qui me faisait mille promesses en tient un certain nombre. Tous les passages purement narratifs et fictionnels, où Ishmaël raconte ses aventures à bord du navire sont merveilleux. C'est fluide, élégant et très rythmé. Les chapitres sont courts et donnent le sentiment d'être sans cesse en mouvement, presque comme sur le Pequod. Même les descriptions des personnages se lisent bien et participent au sentiment de vie tourbillonnante qui traverse les pages.

Là où ça commence à se gâter, c'est quand Ishmaël le baleinier se met à nous parler technique en nous faisant part de la bien nommée cétologie, ou science de la baleine. Ces chapitres ont tendance à freiner un temps soit peu le rythme de l'histoire, qui devient plus laborieux. En lisant, on a presque l'impression que Melville (qui fût baleinier lui-même) a voulu à travers la voix de son narrateur, nous rendre aussi obsédé que lui par la baleine. La baleine par taille, par couleur, les étapes de sa chasse... Je n'en aurais personnellement pas fait des chapitres complets mais plutôt quelques paragraphes judicieusement placés, pour éviter de perdre trop souvent la trame du récit. Ceci étant dit, j'avais parfaitement conscience en lisant ce roman que tous ces passages étaient nécessaires. (Il faut d'ailleurs veiller à les lire jusqu'au bout pour bien suivre toute l'action). Tout a du sens, même quand le récit ne progresse pas, et c'est d'ailleurs ce qui fait de Moby Dick une œuvre très bien construite.

Malgré ces quelques bémols tout à fait subjectifs, je ne regrette rien. Ne serait-ce que parce que Moby Dick m'a littéralement fait voyager depuis ma chambre cet été, c'est une lecture qui valait le coup. Une de ces lectures où la vie paraît plus grande, à laquelle il faut s'accrocher et pour laquelle la persévérance  est largement récompensée.

La folie humaine est souvent féline et rusée. Quand on la croit partie, elle n'est peut-être seulement que métamorphosée en une forme plus subtile.

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P
je ne me suis pas encore jeté à l'eau sur les traces de ce pavé, un été peut être. Merci du rappel de l'existence de ce classique !!
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