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Les Promenades d'Erin

Saintes lectures

20 Novembre 2020, 08:27am

Publié par Erin

Les vacances de la Toussaint m'ont donné l'occasion d'enchaîner deux lectures, que voici, que voilà...

Le coeur de l'Angleterre (Jonathan Coe, 2019)

Ce livre retrace environ dix ans de la vie d'une famille Anglaise quand le pays est traversé par la campagne du Brexit. Pour, contre ou ne sachant pas réellement se prononcer, chacun des membres a son idée sur le sujet. Chacun à leur manière, ils vivent cette période comme ils peuvent, alors que le climat politique tendu se mêle aux relations familiales.

C'est ma première lecture d'un roman de Jonathan Coe et le dernier paru pour l'instant. Ceux d'entre vous qui en ont peut-être déjà lu auront peut-être reconnu dans ce dernier opus les personnages de Bienvenue au Club (2004) et du Cercle fermé (2006) qui ont pris de l'âge et avancé dans leurs vies. Il va sans dire qu'il n'est pas obligatoire d'avoir lu ces romans pour comprendre les enjeux de ce dernier. Parce que des événements politiques comme le Brexit ont eu directement des conséquences sur la population Anglaise (certaines ont même été tragiques), Jonathan Coe manie avec finesse l'art de mêler politique et intime, et parle avec justesse de celles qui en découlent. L'histoire est rythmée, la situation politique habilement décryptée, et le style, soigné.

Miroir de nos peines (Pierre Lemaître, 2019)

Suite et fin de la trilogie de Pierre Lemaître, ce roman succède à Au-revoir là-haut et Couleurs de l'incendie. Ce nouveau volet se déroule en 1940, lors de l'exode. Louise est serveuse à La petite Bohême, quand un client lui fait un jour une drôle de proposition qui va bouleverser sont existence toute entière.

Louise, c'était la petite fille qui s'était liée d'amitié avec Albert et Edouard Péricourt dans Au-revoir là haut. La boucle est ainsi bouclée avec Miroir de nos peines, qui en fait un personnage principal. La seconde guerre mondiale est un décor de choix dont le bordel ambiant fait clairement écho au bazar intime et familial qui fait rage dans sa vie. Le style de Pierre Lemaître coule toujours de source, vif et intelligent. Des trois romans, celui-ci est malgré tout celui que j'aime le moins, les personnages étant à mon goût un peu moins flamboyants (exception faîte de Désiré Migault, dont le culot est tellement énorme qu'on se demande comment il fait pour ne jamais avoir de problèmes...) Miroir de nos peines est un feu d'artifice un peu moins grandiose qu'Au-revoir là-haut mais il a le mérite de terminer cette belle fresque en douceur, avec un épilogue qui heureusement nous donne des nouvelles de tout ce petit monde. Parce qu'on est un peu triste malgré tout, d'en avoir fini avec cet univers...

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P
Bravo Léa ! je vais lire le Coe.
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E
Merci ! Tu me diras quand tu l'auras lu :-)