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Les Promenades d'Erin

Derniers concerts avant la fin du monde

30 Octobre 2020, 20:24pm

Publié par Erin

Dimanche d'octobre, début de soirée. J'avais des billets pour trois concerts de chanson Française: Gervaise, Leïla Huissoud et Govrache, tous les trois lauréats du prix Georges Moustaki, récompensant les artistes indépendants chantant en Français. Je ne connaissais qu'un artiste sur les trois, je me suis bien gardée en achetant les places d'écouter les deux autres avant l'événement. Histoire d'avoir la surprise...

Govrache

Govrache écrit des slams, aux sujets très divers allant souvent dans un sens un peu militant. Si je suis souvent d'accord avec les idées défendues et que la forme me plaît parce qu'il écrit bien, j'avoue être parfois fatiguée par ce contenu politique un peu prévisible. Ceci étant dit, au royaume des aveugles les borgnes sont rois et je pense qu' il vaut mieux consacrer sa vie à chanter son désaccord face à une société inégalitaire et à l'injustice sociale (même en termes convenus) plutôt que de vanter les mérites de la peine de mort ou les difficultés des gens riches qui galèrent dans la vie parce qu'ils disent payer trop d'impôts. Nonobstant cette faiblesse de fond, (dont le ressenti est tout personnel) le style vaut le détour. Certaines images, certains jeux de mots soignés  m'ont poussé à écouter l'artiste avec attention, qui fait son travail avec énergie et sincérité. Là où il excelle, c'est quand ses histoires se font plus intimes et personnelles. La plume se fait légère et profonde à la fois, la poésie est délicate et ambitieuse, mais sans prétention.

 Leïla Huissoud

Photographie: Bernard Daillan

C'est pour elle que j'avais pris les places ! (Pour lire l'article que je lui avais déjà consacré, c'est par-là). Et je n'ai pas été déçue ! La plupart des chansons du concert étaient tirées du second album, Auguste. Accompagnée de Sylvain Pourrat à la contrebasse et de Thibault Saby au piano et à la batterie, elle nous embarque dans un univers bien à elle, où la chanson traditionnelle prend des accents un peu jazz et où les clowns sont à l'honneur. Les interactions avec le public sont drôles et bien placées, tout le monde à l'air à l'aise sur scène  comme à la maison, et surtout sa présence scénique vous cloue au fauteuil. Pas de performance vocale ou de chorégraphie sophistiquée, juste une gouaille d'enfer, des mouvements souples et beaucoup de sincérité. Si on y est sensible, dans le public on a les poils qui se dressent et les larmes qui montent de temps en temps. Parce que c'est simple, mais que c'est très beau.

PS: oui, je n'ai pas parlé du concert de Gervaise, qui avait lieu en tout premier. C'est que l'affaire ne m'a pas franchement emballée et que je n'avais pas envie d'écrire un paragraphe négatif. Parce que ces concerts sont les derniers vus avant un bon moment dont j'ai envie de garder le meilleur, je n'ai pas souhaité m'appesantir sur sa prestation. Si vous souhaitez vous faire une idée, elle est à portée de clic sur youtube. Et comme d'habitude, les extraits live ne datent pas du concert en question, j'étais trop occupée à écouter la musique pour penser à filmer quelque-chose.

"Ma femme" (Govrache - 2019)

"Le bout de la table" (Govrache - 2019)

"Jolies Frangines" (Leïla Huissoud - 2018)

"La mineur" (Leïla Huissoud - 2018)

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