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Les Promenades d'Erin

Martin Winckler: La maladie de Sachs (1998)

17 Avril 2020, 08:48am

Publié par Erin

C'est l'histoire d'un cabinet médical. Celui du Docteur Sachs. Les patients se succèdent, qui pour un certificat, qui pour une angine, qui pour un cancer, qui pour causer... Les visites à domicile sont nombreuses, pour un malaise, un décès, un accident... Bruno Sachs est un médecin dévoué qui ne compte pas ses heures, mais quand il peut, il écrit. Pour se vider la tête de toute cette misère, de la difficulté du métier, des gens bizarres qu'il croise parfois... Être médecin n'empêche pourtant pas d'être malade. Mais quand cela arrivera, qui s'occupera du Docteur Sachs ?

J'ai commencé cette lecture avant le début du confinement, et je l'ai terminé il y a quelques jours. Je veux dire par là que je n'ai pas fait exprès de sortir ce bouquin maintenant, alors qu'il traîne dans ma bibliothèque depuis une quinzaine d'années. C'était le hasard. A l'heure où il est assez anxiogène de lire des pages et des pages pleines de maladies, un livre comme celui-ci est finalement tout à fait salutaire.

D'abord, il se lit bien, grâce à son style fluide et à ses chapitres courts. Chacun d'entre eux est une visite racontée du point de vue du patient, qui en profite pour parler au lecteur, dudit médecin. Sa dégaine, son écoute, son dévouement... Et quand tout ça s'essouffle un peu parce que ça fait longtemps que ça dure, on a accès aux carnets de Bruno Sachs, qui réfléchit à son rôle de médecin, et s'interroge sur sa manière d'exercer quand la médecine est devenu comme ailleurs, un domaine ou la productivité est le plus important.

Voilà pourquoi il fait du bien ce livre. Bruno Sachs est le double de fiction de Martin Winckler, ce médecin écrivain féministe et militant qui refuse de pratiquer son métier en abandonnant l'humain... Alors que nos hôpitaux sont engorgés et que nos soignants sont en pleine crise de nerfs au milieu du Coronavirus, voilà un ouvrage très actuel (écrit il y a plus de vingt ans) qui remet quelques pendules à l'heure. Le système capitaliste abandonne les hommes (malades ou non) au profit de l'argent, et il est bon de voir que certains s'insurgent encore de cette situation.

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